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Introduction Les écosystèmes prédésertiques et sahariens de la Tunisie méridionale sont connus non seulement par l’abondance des animaux venimeux mais aussi par l’extension des plantes toxiques aussi bien pour l’homme que pour les animaux. L’abondance de ces plantes constitue, en effet, l’une des formes d’adaptation aux différentes contraintes et perturbations auxquelles ces écosystèmes sont confrontés. L’empoisonnement des animaux et des humains par les plantes est provoqué, dans la plupart des cas, par l’ingestion de la matière végétale mais dans d’autres cas il suffit d’un simple contact avec la peau pour produire une réaction chez les personnes sensibles. Les effets d’un tel empoisonnement se présentent sous plusieurs formes, irritations mineures, pertes légères de performances etc… qui peuvent amener, dans certains cas, à des problèmes plus sérieux et causer parfois la mort de l’homme ou de l’animal. Plusieurs facteurs agissent sur la capacité des plantes à développer leur toxicité. Ces plantes possèdent, en effet, différents degrés de toxicité qui, dans certains cas, augmentent avec la maturité, alors que pour d’autres plantes, les dangers d’empoisonnement diminuent à mesure que la plante vieillit. L’état de la plante au moment où elle est consommée peut, en effet, revêtir de l’importance. Toutefois, une plante endommagée ou en état de flétrissement pourrait développer des substances chimiques toxiques qu’on ne retrouverait pas à l’état frais. Inversement, un poison contenu dans une plante à l’état frais peut isparaître de la plante séchée. Certaines parties de la plante sont parfois toxiques, d’autres ne le sont pas. Par ailleurs, certaines substances chimiques ne deviennent toxiques pour les animaux que si elles sont transformées, c’est-à-dire hydrolysées par les enzymes végétales ou par les organismes présents dans le rumen. De leur côté, les espèces animales sont affectées, à des degrés différents, par de nombreuses plantes et leurs poisons. L’âge joue un rôle très important. Les sujets jeunes sont souvent plus sensibles que les adultes. En outre, un animal qui a faim ou qui souffre de déficiences alimentaires risque beaucoup plus qu’un animal bien alimenté de consommer de fortes quantités d’une espèce toxique. Malgré l’abondance des plantes toxiques dans les zones arides, les intoxications des humains par celles-ci sont relativement rares mais elles sont pourtant graves, parce qu’elles concernent souvent des enfants attirés par la beauté des fleurs et/ou des fruits de ces plantes. Les enfants sont, en effet, plus sensibles à la toxicité par les plantes du fait que leur système immunitaire est encore fragile et en état de développement. Mis à part l’exposition accidentelle aux effets de ces plantes, leur ignorance a toujours constitué la principale cause d’empoisonnement. Plusieurs accidents, dont certains sont signalés par des médecins exerçant dans les hôpitaux de la région, en témoignent. Ces derniers viennent souvent consulter les chercheurs du Laboratoire d’Ecologie Pastorale de l’IRA pour demander les noms des plantes toxiques consommées, par erreur, par certains de leurs patients. Sans avoir la prétention d’aborder, d’une façon exhaustive, toutes les facettes de ces ressources, ce document traite principalement les plantes qui représentent ou qui risquent d’avoir une source de toxicité, et dont certaines présentent aussi des utilisations médicinales et aromatiques assez diverses et parfois très pertinentes.
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